2300 Brut en net en CDI, CDD ou intérim : quel net sur votre fiche de paie ?

À 2 300 euros brut mensuels, le net affiché sur la fiche de paie varie de plusieurs dizaines d’euros selon que vous êtes en CDI non-cadre, cadre, CDD ou intérim. Les convertisseurs en ligne masquent souvent ces écarts. Nous détaillons ici les mécanismes de cotisations qui expliquent chaque différence.

Cotisations salariales à 2 300 euros brut : l’écart cadre / non-cadre sur la fiche de paie

Le statut cadre génère un taux de cotisations salariales plus élevé qu’un poste non-cadre au même brut. La différence provient principalement de la tranche de retraite complémentaire AGIRC-ARRCO et de la cotisation APEC.

Selon une analyse publiée en juillet 2026, un salarié non-cadre à 2 300 euros brut conserve environ 1 794 euros net avant impôt. Un cadre au même brut tombe à environ 1 725 euros net avant impôt. L’écart, de l’ordre de 69 euros par mois, s’explique par des cotisations vieillesse et retraite complémentaire majorées côté cadre.

Autre point rarement mis en avant : un agent de la fonction publique au même brut conserve un net supérieur aux deux statuts du privé, grâce à un niveau de cotisations salariales globalement plus faible.

Statut Brut mensuel Net avant impôt (approx.)
Non-cadre privé 2 300 € ≈ 1 794 €
Cadre privé 2 300 € ≈ 1 725 €
Fonction publique 2 300 € Supérieur au privé

Ce tableau montre que la question « 2 300 brut en net » n’a pas de réponse unique. Avant de comparer deux offres d’emploi, vérifiez la convention collective applicable et le statut cadre ou non-cadre du poste.

Homme comparant des bulletins de salaire à domicile, calcul brut net pour CDI CDD ou intérim

Salaire net en CDD à 2 300 euros brut : même calcul, mêmes cotisations

Un CDD au régime général supporte strictement les mêmes taux de cotisations salariales qu’un CDI. À brut identique, le net avant impôt est donc le même. La confusion vient souvent de l’indemnité de fin de contrat (dite « prime de précarité »), versée à l’issue du CDD.

Cette indemnité, égale à 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant le contrat, est elle-même soumise aux cotisations sociales. Elle augmente le brut global, mais son net réel est inférieur à 10 % du brut touché. Concrètement, sur un CDD de six mois à 2 300 euros brut mensuels, la prime de précarité brute représente un mois de salaire supplémentaire réparti sur la durée, dont une partie est absorbée par les cotisations.

Le net mensuel courant en CDD reste identique à celui d’un CDI au même brut et au même statut. La différence ne se matérialise qu’au solde de tout compte.

Rémunération intérimaire à 2 300 euros brut : IFM, ICCP et impact sur le net réel

L’intérim modifie profondément le calcul. Deux indemnités légales s’ajoutent au salaire de base et gonflent le brut total, donc le net perçu sur la durée de la mission.

  • L’indemnité de fin de mission (IFM), fixée par l’article L1251-32 du Code du travail, correspond à 10 % de la rémunération totale brute, renouvellements inclus. Elle compense la précarité du contrat de travail temporaire.
  • L’indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) s’élève également à 10 % de la rémunération brute totale, IFM comprise. Elle remplace les congés payés que l’intérimaire n’a pas pu prendre.
  • Ces deux indemnités combinées représentent une majoration de l’ordre de 21 % du brut de base, selon des sources d’août 2026. Elles sont soumises aux cotisations sociales et au prélèvement à la source.

Sur une mission à 2 300 euros brut mensuels, le brut total perçu en fin de contrat inclut donc IFM et ICCP. Le net réel sur l’ensemble de la mission dépasse sensiblement celui d’un CDI au même taux horaire, mais cette majoration compense l’absence de sécurité d’emploi et de congés payés classiques.

Fiche de paie intérimaire : lignes à vérifier

Sur le bulletin de paie, l’IFM et l’ICCP apparaissent comme des lignes distinctes du salaire de base. Elles sont intégrées à l’assiette de cotisations, ce qui réduit leur montant net par rapport au brut affiché. Nous recommandons de vérifier que l’IFM est bien calculée sur la totalité de la rémunération brute (primes incluses) et pas uniquement sur le taux horaire de base.

Le principe d’égalité de traitement impose que le taux horaire de l’intérimaire ne puisse pas être inférieur à celui d’un salarié permanent occupant le même poste dans l’entreprise utilisatrice. Les primes liées au poste (panier, risque, froid) doivent aussi être versées à l’intérimaire.

Femme consultant un calculateur de salaire brut net sur smartphone dans un espace de coworking

Prélèvement à la source sur 2 300 euros brut : du net avant impôt au net à payer

La distinction entre net avant impôt et net à payer après prélèvement à la source est souvent négligée dans les simulateurs. Le taux de prélèvement appliqué dépend du revenu fiscal de référence du foyer, pas du salaire brut du mois en cours.

Un salarié célibataire sans autre revenu à 1 794 euros net avant impôt (non-cadre) verra un prélèvement mensuel qui dépend de son taux personnalisé ou du taux neutre s’il n’a pas encore été transmis à l’employeur. Le taux neutre, calculé par barème, s’applique par défaut aux nouveaux contrats et aux missions d’intérim courtes.

En intérim, le taux neutre est fréquent car les agences changent d’employeur fiscal à chaque mission. Cela peut entraîner un prélèvement mensuel plus élevé que celui d’un CDI au même brut, rattrapé ensuite lors de la déclaration annuelle.

Vérifier son taux sur l’espace impots.gouv

Pour éviter un décalage de trésorerie, nous recommandons de transmettre son taux personnalisé à l’agence d’intérim dès le début de la mission, via l’espace particulier sur impots.gouv.fr. Cette démarche est aussi valable en CDD court.

À 2 300 euros brut, la ligne « net à payer » de la fiche de paie reflète donc trois couches de déductions : cotisations salariales, CSG/CRDS non déductible, puis prélèvement à la source. Comparer deux offres d’emploi exige de raisonner en net avant impôt, seul montant comparable d’un statut à l’autre, le taux d’imposition étant propre à chaque salarié.

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