Le Livret A distribué par le CIC et le Livret A Sup proposé par la même banque répondent à deux logiques d’épargne distinctes. Le premier est un livret réglementé par l’État, dont le taux, le plafond et la fiscalité sont fixés par décret. Le second est un livret bancaire libre, créé et géré par le CIC, avec ses propres conditions.
Comprendre ce qui les sépare suppose de poser d’abord leurs mécanismes respectifs avant de calculer ce que chacun rapporte réellement en 2026.
Taux du Livret A en 2026 : un rendement moyen inférieur au taux affiché
Le taux nominal du Livret A a connu deux paliers depuis janvier 2026. Il est passé à 1,50 % au 1er février, puis a été relevé à 1,70 % au 1er août 2026. Cette succession de variations produit un taux moyen annuel estimé à 1,60 % pour 2026, contre 2,16 % en 2025 selon Linxea.
Cette distinction entre taux affiché et rendement moyen annuel est rarement mise en avant. Un épargnant qui a laissé son capital sur le Livret A toute l’année ne touche pas 1,70 % sur l’ensemble de ses intérêts, mais une moyenne pondérée des deux périodes. Les intérêts du Livret A sont calculés par quinzaine, ce qui amplifie l’effet des changements de taux en cours d’année.
Le plafond du Livret A reste fixé à 22 950 euros. Les intérêts générés au-delà de ce seuil continuent de produire des intérêts, mais aucun versement supplémentaire n’est accepté une fois le plafond atteint. Et surtout, ces intérêts sont nets : aucun impôt ni prélèvements sociaux ne s’appliquent sur le Livret A.

Livret A Sup CIC : fonctionnement d’un livret non réglementé
Le Livret A Sup du CIC n’est pas un Livret A amélioré. Le nom prête à confusion, mais il s’agit d’un livret bancaire non réglementé, dont les conditions sont fixées librement par la banque. Le taux brut, le plafond de dépôt et les éventuelles offres promotionnelles varient selon la politique commerciale du CIC.
La page du CIC consacrée à ses livrets d’épargne présente plusieurs produits (Livret A, LDDS, LEP, LEA, PEL), mais le Livret A Sup se distingue par un positionnement orienté vers les épargnants qui ont déjà atteint le plafond de leur Livret A ou qui cherchent un complément de rendement à court terme.
Fiscalité du Livret A Sup : le prélèvement forfaitaire unique
La différence majeure entre les deux produits tient à la fiscalité. Les intérêts du Livret A Sup sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % depuis 2026, contre 30 % auparavant. Ce PFU comprend l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux.
Un taux brut affiché de 2 % sur un livret non réglementé donne donc un rendement net d’environ 1,37 % après application du PFU à 31,4 %. Pour que le Livret A Sup dépasse le Livret A en rendement net, son taux brut doit compenser cet écart fiscal.
Rendement net Livret A Sup contre Livret A : le calcul qui tranche
La comparaison pertinente repose sur un seul indicateur : le rendement net après fiscalité. Le Livret A affiche 1,70 % net au 1er août 2026. Pour qu’un livret fiscalisé au PFU de 31,4 % atteigne ce même rendement net, il faut un taux brut supérieur à 2,47 %.
- Livret A : taux net de 1,70 % (exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux), plafond de 22 950 euros
- Livret A Sup CIC : taux brut variable, soumis au PFU de 31,4 %, plafond généralement plus élevé que le Livret A
- Seuil de rentabilité : un taux brut d’au moins 2,48 % est nécessaire pour battre le Livret A net
Si le CIC propose un taux amélioré temporaire sur le Livret A Sup (offre promotionnelle sur quelques mois), le calcul change. Un taux amélioré de 3 % brut pendant trois mois, suivi d’un taux de base de 1,50 % brut le reste de l’année, produit un rendement net moyen souvent inférieur à celui du Livret A sur douze mois.

Livret A Sup ou Livret A classique : arbitrage selon le profil d’épargne
Le Livret A reste le socle de l’épargne de précaution. Sa liquidité totale, son exonération fiscale et sa garantie par l’État en font le premier livret à remplir. Tant que le plafond de 22 950 euros n’est pas atteint, le Livret A classique offre un meilleur rendement net que la plupart des livrets bancaires, Livret A Sup inclus.
Le Livret A Sup prend son intérêt dans deux cas précis :
- Le Livret A et le LDDS (plafond de 12 000 euros) sont déjà pleins, et l’épargnant cherche un placement liquide pour l’excédent
- Le CIC propose une offre promotionnelle avec un taux amélioré suffisamment élevé et suffisamment long pour dépasser le rendement net du Livret A sur la période
- L’épargnant souhaite conserver l’ensemble de ses produits d’épargne dans un seul établissement, sans ouvrir un super livret dans une banque en ligne concurrente
Le LDDS, également disponible au CIC, mérite d’être rempli avant d’envisager un livret fiscalisé. Son taux suit celui du Livret A (1,70 % net au 1er août 2026) et il bénéficie de la même exonération fiscale.
Taux amélioré CIC : vérifier la durée et les conditions
Les offres de taux améliorés sur les livrets non réglementés changent régulièrement. Un taux promotionnel n’a de valeur que rapporté à sa durée d’application et au taux de base qui suit. Lire les conditions générales du Livret A Sup permet d’identifier le taux de base réel, souvent bien en dessous du taux d’appel.
Le rendement moyen du Livret A en 2026, estimé à 1,60 % net par Linxea, reste un repère utile. Un Livret A Sup dont le rendement net annuel moyen (après PFU) dépasse ce seuil justifie l’ouverture. En dessous, le Livret A classique reste plus rentable sans aucune démarche fiscale.
La stratégie la plus lisible en 2026 consiste à saturer d’abord le Livret A puis le LDDS, et à n’orienter l’excédent vers le Livret A Sup que si le taux brut proposé dépasse durablement 2,48 %. En dehors de ce seuil, le gain net reste marginal, voire négatif une fois la flat tax appliquée.

