Récupérer ses cryptomonnaies en toute sécurité, les étapes clés

Les cours atteignent des sommets ahurissants, la tentation de liquider ses cryptos grandit. Pourtant, sortir du cercle du bitcoin, de l’ether, du ripple ou d’autres monnaies numériques ne s’improvise pas. Il faut s’y préparer en amont.

Un portefeuille bien garni en cryptomonnaies flatte l’ego, c’est indéniable. Mais pour réaliser des achats bien concrets, il faut rapatrier ces fonds en euros, dollars ou toute autre devise traditionnelle. Détenir plusieurs centaines de milliers d’euros en actifs numériques, c’est une chose. Les convertir et disposer réellement de cet argent en est une autre. Heureusement, il existe des services capables de transformer ces devises digitales en monnaies acceptées partout dans le monde. Pour quelques centaines d’euros, la manœuvre reste relativement simple. Mais pour ceux qui visent plus haut, les étapes et les précautions se multiplient.

Pourquoi quitter la partie ?

Ces derniers mois, le bitcoin a encaissé l’une des plus violentes dégringolades de son histoire, perdant près de 70 % de sa valeur depuis son pic de décembre 2017. À l’époque, il s’échangeait à 20 000 dollars. Aujourd’hui, il ne vaut plus que 6 000 dollars. Ce n’est pas la première fois que la cryptomonnaie fait face à une telle tempête : en novembre 2013, elle avait déjà connu une chute de 87 % sur une seule journée. La volatilité fait partie du jeu : chaque détenteur doit composer avec ces secousses régulières.

Peut-être que cette succession de hausses et de plongeons vous a poussé à la prudence. Dans ce cas, une règle d’or s’impose : acheter bas, revendre haut. Rien ne sert de céder ses actifs au creux de la vague. Mieux vaut patienter et saisir le bon moment, à moins de se risquer à une partie de poker avec le temps.

Quand la décision de vendre est prise, la meilleure option reste souvent de passer par une plateforme spécialisée pour convertir vos cryptos en monnaie classique. Mais attention : toutes les plateformes n’affichent pas le même taux de change. Ce détail peut faire la différence, surtout pour des montants importants. Les variations de cours entre plateformes comme Bitfinex, Poloniex, Bitstamp, Coinbase, Binance, Cexio, Kraken, Cryptopia, Bittrex ou GateCoin peuvent faire grimper ou descendre la facture finale. Il est donc judicieux de comparer les taux appliqués avant de valider une transaction.

Pour transférer vos fonds sur un compte bancaire, plusieurs services existent. Les plateformes suivantes jouent ce rôle d’intermédiaire :

  • Paymium
  • BitStamp
  • Bitfinex
  • Coinbase
  • Kraken

Sur ces sites, il vous faudra fournir vos informations bancaires pour finaliser le transfert. Un détail à garder à l’esprit : ces plateformes peuvent imposer un délai de quelques jours entre la demande de retrait et l’arrivée effective des fonds sur votre compte. Ce laps de temps leur permet de vérifier votre identité ainsi que les coordonnées bancaires associées.

Comment ça se passe côté fiscalité ?

Si la somme rapatriée depuis votre portefeuille Bitcoin est inhabituelle au regard des mouvements habituels de votre compte, votre banque risque fort de s’interroger sur la provenance de l’argent. Elle pourra vous demander des explications. Et ce n’est qu’un début.

Concernant la fiscalité, le cadre s’avère plus complexe encore. Chaque fois qu’un bénéfice est réalisé d’une année sur l’autre, l’administration fiscale doit être informée. Impossible de passer sous les radars : il faut justifier chaque gain encaissé. La transparence est de mise. Ainsi, dès qu’un achat est effectué avec des cryptomonnaies ou qu’elles sont transférées en euros ou en dollars, vous devez signaler ce revenu lors de votre déclaration. Tant que vous conservez simplement vos actifs dans un portefeuille numérique, aucune déclaration n’est requise.

Pour ceux qui ne sont pas des professionnels de la cryptomonnaie et qui réalisent des gains ponctuels, le fisc considère ces revenus comme des bénéfices non commerciaux (BNC). Dans ce cas, ils sont taxés à hauteur de 34 % pour un chiffre d’affaires annuel inférieur à 33 200 euros.

En revanche, si vos opérations d’achat et de revente de bitcoin deviennent régulières, vous basculez dans une autre catégorie. Les revenus sont alors imposés comme des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Le régime de la microentreprise peut alors devenir intéressant, avec un plafond annuel de 82 800 euros et un taux d’imposition moyen d’environ 15 %.

Au fond, récupérer ses cryptomonnaies n’a rien d’un simple clic. Entre les fluctuations du marché, les questions de plateforme et la fiscalité qui guette, chaque étape mérite réflexion. Un jour, la somme rapatriée sur votre compte pourrait vous sembler irréelle. Mais si vous avez bien préparé chaque mouvement, c’est la réalité qui vous attend, et plus un mirage numérique.

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